Pour la première fois de l’ère Didier Deschamps, l’équipe de France a chuté lors d’un match de préparation. Battus par la Côte d’Ivoire (1-2) à quelques jours du départ pour la Coupe du monde, les Bleus ont surtout laissé apparaître plusieurs failles, notamment dans le couloir gauche. Un secteur où un certain Matthieu Udol doit aujourd’hui se demander ce qu’il lui manque encore.
Le match qui ravive toutes les interrogations
Car au moment de dévoiler sa liste, Didier Deschamps avait préféré s’appuyer sur ses valeurs sûres. Lucas Digne et Théo Hernandez avaient été retenus, tandis que le latéral du RC Lens restait à quai malgré une saison exceptionnelle sous les couleurs Sang et Or.
Le sélectionneur avait pourtant reconnu suivre de près le Lensois. « Udol, on le suit », expliquait-il en mars, avant d’ajouter que le débat était ouvert mais que ses choix se portaient sur des joueurs habitués au très haut niveau international.
Le problème, c’est qu’hier soir, ni Théo Hernandez ni Lucas Digne n’ont véritablement donné raison à leur sélectionneur.
Titulaire en première période, Hernandez a encore livré une prestation fade, loin du joueur explosif et décisif qui avait séduit les supporters français lors de ses débuts en sélection. Peu inspiré offensivement, rarement dangereux, le joueur d’Al-Hilal a traversé la rencontre sans réellement peser.
Son concurrent direct n’a pas davantage marqué des points. Entré après la pause, Lucas Digne a certes montré sa qualité de centre, mais il a également été impliqué sur les deux réalisations ivoiriennes. Un bilan forcément frustrant pour un joueur censé apporter davantage de garanties défensives.
Pendant ce temps, Matthieu Udol va regarder le Mondial à la télévision
Le plus troublant dans ce dossier reste la cohérence sportive du choix. Cette saison, le Lensois a probablement été l’un des meilleurs spécialistes du poste en Ligue 1. Régulier, puissant, capable d’enchaîner les efforts, précieux dans les deux surfaces et doté d’une qualité de centre unanimement reconnue, il a été l’un des grands artisans de la saison historique du RC Lens.
Bien sûr, l’expérience internationale compte. Bien sûr, Deschamps a construit sa carrière sur la fidélité accordée à son groupe. Mais à force de privilégier systématiquement les anciens, le sélectionneur finit parfois par fermer la porte à des joueurs qui semblent pourtant mériter leur chance.
Le paradoxe est là. Lorsque les titulaires peinent à convaincre, l’argument de l’expérience devient forcément moins audible.
Personne ne peut affirmer que Matthieu Udol aurait changé le visage des Bleus face à la Côte d’Ivoire. Mais une chose est certaine : au vu des performances observées hier soir, son absence paraît aujourd’hui encore plus difficile à comprendre qu’au moment de l’annonce de la liste.
Et si Didier Deschamps avait voulu éviter le débat, le match d’hier risque au contraire de le relancer avec encore plus de vigueur.
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