Chaque printemps, c’est la même rengaine. Dès qu’un club français avance en Coupe d’Europe, le calendrier de Ligue 1 commence à ressembler à un meuble IKEA monté de travers. On décale, on compense, on replie, on bricole. Et au bout du compte, on finit avec une fin de saison qui perd un peu plus de sa logique sportive.
Cette fois, c’est la qualification de Strasbourg pour les demi-finales de Ligue Conférence qui vient tout remuer. Conséquence directe : le multiplex de la 33e journée, initialement prévu le samedi, bascule au dimanche 10 mai. Dans la foulée, les Trophées UNFP, qui devaient se tenir ce même soir, glissent eux aussi au lundi 11 mai. Un changement de plus.
Et comme souvent, le RC Lens se retrouve au milieu de ce grand puzzle bancal. On se souvient que la LFP, le 26 mars, avait validé le report de Lens-PSG, initialement programmé le 11 avril, pour arranger le calendrier européen du club parisien. Le tout contre l’avis du Racing, évidemment. En guise de compensation, la Ligue avait proposé à Lens d’avancer son match contre Nantes au vendredi 8 mai à 20h45, hors multiplex, dans l’hypothèse où Lens-PSG serait reprogrammé le 13 mai. Ce scénario est désormais acté depuis la qualification de Paris pour les demi-finales de Ligue des champions.
Lens-Nantes se jouera donc bien le 8 mai à Bollaert, et le multiplex du 10 mai sera réduit à huit matches. Encore une entorse, encore un rafistolage, encore une impression de championnat à géométrie variable.
Le plus agaçant dans tout ça, c’est que ce bricolage permanent n’a rien d’une fatalité. Dans d’autres grands championnats européens, les clubs engagés dans les phases finales continentales jouent avec le calendrier prévu, sans que tout le pays s’adapte à chaque tour franchi. En France, on continue visiblement de penser qu’un parcours européen doit forcément tordre la colonne vertébrale du championnat.
Évidemment, personne ne va reprocher à Strasbourg ou au PSG de gagner. Le problème n’est pas là. Le problème, c’est cette incapacité chronique à préserver un minimum de cohérence sportive quand le calendrier se tend. À force de vouloir arranger tout le monde, on finit surtout par dérégler la fin de saison des autres.
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