Que retenir de l’organisation de ce derby ? Certainement pas une revalorisation de l’image que l’on peut avoir des ultras, en général, et des Lillois en particulier. Sur ce point, la soirée a même plutôt confirmé certaines idées reçues.
Commençons par le plus visible : le tifo. Après l’épisode déjà très commenté d’un visuel déployé à l’envers, les supporters lillois ont récidivé dans un autre registre, celui du tifo… impossible à décrocher. Résultat : près de dix minutes durant lesquelles toute une tribune s’est retrouvée privée de visibilité. Une performance logistique qui, là encore, a fait sourire bien au-delà de Villeneuve-d’Ascq.
Les DVE avaient pourtant donné le ton avec un message “Tribune anti Sang et Or”, prouvant une nouvelle fois leur manque d’imagination. Dans la foulée, le tifo central affichait un sobre “Lille, la fierté du Nord”. Une affirmation difficilement contestable quand on sait qu’à part Lille, il n’y a que Dunkerque et Valenciennes qui jouent à un certain niveau. Mais l’exécution a, elle, laissé plus dubitatif. Déployer rapidement, c’est bien. Savoir retirer proprement, c’est visiblement plus compliqué quand on semble équipé de deux mains gauches.
Dans le même registre, la décision de la direction de fermer le toit du stade n’a rien arrangé. Quelques fumigènes ont suffi à installer un brouillard persistant, au point de provoquer une interruption de la rencontre. Là encore, difficile de parler d’une organisation maîtrisée.
Mais au-delà du simple ridicule, la soirée a aussi basculé dans quelque chose de plus problématique. Les ultras lillois ont une nouvelle fois interrompu le match, cette fois en plein temps fort de leur équipe, avec des chants discriminatoires visant Florian Thauvin et d’autres homophobes visant le club de Lens. Une séquence révélatrice du niveau « bas du front » des Ultras Lillois.
Le traitement réservé au meneur de jeu lensois, que l’on imaginait déjà sous pression, a largement dépassé le cadre habituel des sifflets. De quoi, peut-être, expliquer une prestation particulièrement indigente de sa part.
Au final, le contraste est saisissant : des joueurs lillois performants et inspirés sur la pelouse, et des supporters qui, eux, ont surtout confirmé qu’ils n’étaient pas à la hauteur du niveau affiché par leur équipe.
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