Le sociologue Nicolas Hourcade, spécialiste du supportérisme, s’est exprimé dans Le Télégramme au sujet des incidents survenus en marge de la rencontre entre le Stade Brestois et le RC Lens. Une violence soudaine, inattendue, et surtout incompréhensible dans un contexte où aucune rivalité historique n’existait entre les deux camps.
Suite à ces incidents, provoqués par une poignée d’abrutis, de part et d’autre, il est fort probable que les supporters Brestois ne pourront plus se déplacer à Lens et inversement pendant quelques années. Un paradoxe, quand on sait que des échanges cordiaux avaient été établis entre groupes avant cette rencontre.
Dans ce contexte, comment expliquer une montée de violence aussi soudaine qu’imprévue ? Qui a commencé ? La poule ou l’œuf ? Les Brestois diront que les Lensois ont allumé la mèche en attaquant un restaurant proche du stade où les bretons avaient l’habitude de se réunir avant les matchs. Questionnés sur la question, les Ultras des deux clubs rejettent la responsabilité sur quelques éléments incontrôlés.
« Les incidents de dimanche sont marquants, surtout ceux de la fin de journée. Ils interpellent d’autant plus que des menaces de dissolution pèsent sur les groupes de supporters et que ces derniers ont pour la plupart récemment signé un communiqué dénonçant les actes violents. Dans le contexte actuel, ces supporters se tirent une balle dans le pied… » déclare le sociologue qui rappelle que « Les ultras, qui insistent sur la liberté de déplacement, devraient avoir conscience qu’avec de tels incidents, ils renforcent les mesures d’interdiction qu’ils regrettent par ailleurs. »
Nicolas Hourcade rappelle que ces incidents « sont vieux comme les hooligans en Angleterre ou les Ultras en Italie, et existent depuis les années 1960. Ce qui est nouveau avec les réseaux sociaux, c’est que l’information circule beaucoup plus vite et qu’elle est visible par beaucoup plus de monde. » Une visibilité qui donne vraisemblablement envie à certains de rentrer dans le game.
Plutôt que de se plaindre sans cesse au sujet des interdictions de déplacement, les groupe Ultras feraient bien de faire le ménage dans leurs rangs. Les incidents de dimanche sont du pain béni pour le ministère de l’Intérieur dans sa lutte contre les violences autour du foot.


